CHAMPIONNAT D’EUROPE DE RAID – Danemark – 28 et 29 août 2026

Après la belle performance dans le Morvan début juillet (4ème place sur une manche de Coupe d’Europe), l’idée d’aller au Danemark fin août a germé dans la tête des Petits Suisses Normands. Une fois réglée la logistique, direction Copenhague, puis Skælskør pour le CHAMPIONNAT D’EUROPE DE RAID AVENTURE. 48 équipes au départ, 18 nationalités différentes (un record !), 360 km à réaliser en 48 heures maximum (environ 35 heures pour les meilleurs). L’équipe des Petits Suisses Normands était composé de Ghislain Girouard, Titouan Vasse, Juliette Chrétien et Thibaut Ruamps

Toujours difficile de résumer une telle aventure en quelques lignes, mais on va essayer quand même. 

  • Section 1 : Un départ à la nage jusqu’à un bateau viking pour récupérer une carte, avec certaines équipes qui ont fait le choix de prendre des matelas gonflables pour aller plus vite (qu’ils devront porter ensuite sur la section pédestre). Une belle pagaille mais de jolies images. Suit une section pédestre bien rapide (l’impression de partir pour 4-5 heures de raid plutôt que 36 heures …), d’abord en bord de mer, puis sur une C.O forestière en ordre libre. 
  • Section 2 : Une première section VTT très roulante où on se fait déposer par deux équipes danoises, malgré un énorme rythme. Pas de doute, les locaux sont très costauds. 
  • Section 3 : Petite C.O dans un musée-village qui retrace l’histoire du Danemark : maison de l’âge du fer, tombe, halle royale, labyrinthe, serpent mythologique … Le rythme de course est très rapide et on ne profite pas trop des panneaux explicatifs !
  • Section 4 : La plus belle section VTT. Cela reste roulant dans l’ensemble, mais le début est en forêt et on prend de nombreux singles (balisés), avec un peu de dénivelé. En fin de section, on prend un chemin parallèle à celui que l’on devait prendre (comme la majorité des équipes), mais une équipe estonienne nous menace poser une réclamation. Demi-tour pour reprendre le bon sentier, un gros quart d’heure de perdu. Grrr !
  • Section 5 : Petite C.O urbaine, nage et marche dans une rivière vaseuse, des crampes pour Ghislain en nageant, une (presque) attaque de Juliette par un cormoran, une liaison pédestre pour se réchauffer, un petit saut dans l’eau pour pointer une balise sous-marine dans le port. 
  • Section 6 : Ça roule toujours très vite en VTT. La fin est forestière avec plusieurs balises sur des tumulus (il faut poser les VTT et rentrer dans la végétation qui n’est pas toujours accueillante). 
  • Section 7 : Le fameux coastering ! Une section dont on se souviendra. On suit la plage (cailloux fins, rochers, algues) pendant des kilomètres avec quelques passages où l’on se fait bien secouer par les vagues. Il faut rester suffisamment proche des falaises calcaires, mais pas trop pour ne pas se prendre le retour des vagues. Original et sympa, mais plutôt énergivore comme section. On finit par remonter au-dessus des falaises où le chemin est plus courant. Petit tractage de Tibo par Juliette (ça devient une habitude) et attaque d’une vipère sur Titouan (!!). Douleur vive, belle plaque rouge sur le mollet. On continue mais on reste vigilant. Quelques minutes plus tard, ce sera une guêpe ou une abeille qui s’attaquera à Titouan. La loi des séries … La section se termine par une section souterraine dans une ancienne base militaire de l’OTAN. 
  • Section 8 : Liaison VTT toujours roulante à la nuit tombée (avec un peu de pluie). 
  • Section 9 : Enchaînement de 3 mini-sections au niveau de la carrière de calcaire de Faxe-Kalkbrud. On commence au niveau de l’usine de chaux, avec la descente en rappel sur un silo, puis une petite C.O très originale dans les silos (Titouan au top sur l’orientation), avant d’effectuer une boucle en VTT’O dans la carrière. Une horreur, avec la pluie qui vient de tomber. Ça colle sur les vélos qui sont couverts de blanc et pèsent au moins 20 kg. La mécanique n’apprécie pas trop. 
  • Section 10 : La plus longue section VTT (un peu moins de 3h30), de nuit. Juliette a envie de dormir, mais refuse de faire une pause dodo. La progression est bonne, mais c’est long. Le terrain est toujours roulant, pas besoin de le préciser. Un point d’eau (avec tuyau) nous permet de nettoyer les chaînes et dérailleurs des VTT (ce que feront la majorité des équipes).
  • Section 11 : Après la grosse section VTT, la grosse C.O forêt du raid. Un départ rapide, deux erreurs d’orientation (environ 10 minutes à chaque fois), dont un joli 180° (pour une fois que Ghislain avait pris la boussole), mais surtout un long calvaire de 4 heures pour Tibo. Des jambes très dures (probablement à cause du départ de course rapide) et très douloureuses pour courir. Portage de sac à dos, tractage simple, tractage double. L’équipe est exceptionnelle pour aider le capitaine mais ça ne suffit pas. Les balises (26 !) ne passent vraiment pas vite.
  • Section 12 : Le jour se lève et on retrouve les VTT. Les jambes reviennent pour Tibo sur le vélo … 
  • Section 13 : Une nouvelle section originale : de l’orientation verticale. Autrement dit, des balises à pointer dans les arbres. Il y en a 16, mais seulement 11 doivent être pointées par un membre de l’équipe à chaque fois. Certaines sont en escalade « libre » (sans matériel), d’autres à pointer en moulinette (grimpeur + assureur), d’autres en remontée sur corde (avec une poignée) et une dernière de type « ice climbing » (piolet, crampons sur un poteau). Il faut être stratégique car il n’y a que 2 baudriers à disposition. Titouan et Juliette s’équipent et pointent les balises en moulinette et remontée sur corde. Escalade libre pour Ghislain et Tibo, avec des balises à 4 mètres de hauteur dans les arbres, parfois humides avec de la mousse. Il faut être prudent, notamment à la descente. Surprise pour la dernière balise, placée sur la fourche d’un tracteur ! Tibo monte sur les épaules de Ghislain et ça passe. Pas très artistique (voir la fin de la vidéo de l’organisation) mais efficace. 
  • Section 14 : Encore une liaison VTT roulante pour rejoindre la rivière.
  • Section 15 : La section la plus ennuyeuse du raid : des énormes canoës où l’on charge les VTT, des pagaies simples et une interminable rivière avec des algues. Et comme ça n’était pas assez long, on galère à comprendre le schéma au niveau des débarcadères (10 minutes de perdues bêtement). Titouan et Juliette chantent pour ne pas s’endormir. 
  • Section 16 : Débarquement dans la ville historique de Næstved. L’organisation nous pointe à la transition mais ne nous donne pas le carton de pointage pour la C.O urbaine (tout le reste se fait au doigt électronique). On s’en rendra compte trop tard et on pointera sur le road-book. C.O sympa avec une carte qui mixe carte actuelle et carte historique. On enchaîne avec un labyrinthe à effectuer en individuel. Gros boulot de l’orga pour installer ce labyrinthe, mais tracé peu intéressant, dommage… 
  • Section 17 : Les balises sous-marines sont annulées (conditions trop venteuses en mer), donc le parcours VTT est encore plus roulant. Mais on a le vent de face pendant de nombreux kilomètres. On passe au pied de plusieurs éoliennes qui tournent à une vitesse incroyable. Impressionnant ! On espère juste qu’elles vont résister … 
  • Section 18 : Une belle section de kayak de mer dans le lagon. La 4ème balise (côté mer) est annulée à cause des conditions météo (vent fort). Cela ne change pas vraiment la distance ; il faudra juste faire demi-tour dans le lagon, au lieu de revenir côté mer. « Choix » des kayaks monoplaces. Enfin, les bons kayaks sont « cachés » et on récupère des kayaks corrects (mais nettement moins performants que ceux des équipes qui partent juste après nous …). On découvre le nouveau talent de Juliette, le kayak. Une aisance incroyable, sans forcer. Les interpostes sont longs et après la première balise, on fait face au vent (et aux vagues qui vont avec). C’est bien physique, mais on se dit que le retour sera plus facile (à voir …). Le cap pour aller à la 3ème balise n’est pas évident et c’est (très très) très long. On se fait doubler par une équipe, puis rejoindre par une autre (avec des supers kayaks). Petit regroupement de 4 équipes « tout au bout » (balise 3 / 2h35 sur cette moitié de section), puis demi-tour. Un peu de surf sur le début, mais rapidement le vent se calme et ça n’avance plus. Pas top !! Titouan a envie de dormir, Juliette met la longe pour qu’il ne décroche pas. 
  • Section 19 : Transition express et retour sur les VTT, avec 2 équipes juste derrière. C’est (encore) roulant et le rythme est dingue, en montée comme en descente (Tibo au tractage de Juliette, chacun son tour). Mini cafouillage sur la plage à l’arrivée, car la balise arrivée sur le terrain est noté 147 sur la carte. On boucle l’épreuve en 35h41, après 370 km et 2400 m de D+. 

LE BILAN DU CAPITAINE : 

Nous prenons la 9ème place de ce Championnat d’Europe 2026 (1ère équipe française, car l’équipe XTTR qui jouait le top 5 a oublié une balise dans la C.O forêt nocturne). Le podium n’était pas jouable sur ce terrain, mais le top 5 oui, avec une grosse densité entre la 4ème et la 12ème place (1h15 d’écart seulement / infime sur 36 heures de course). Malgré 18 nationalités représentées, le top 10 est archi-dominé par deux nations : les Danois (4 équipes) à domicile et les Estoniens (4 équipes). De notre côté, la course est très correcte (bonnes transitions, beaucoup de fluidité sur la gestion des cartes, rôles bien définis dans l’équipe, bonne ambiance, entraide et solidarité au top), mais il en manque un peu pour faire une excellente course : quelques petites erreurs d’orientation et surtout mon gros coup de moins bien sur la C.O nocturne.

Cela restera une magnifique aventure avec la découverte d’un terrain sur lequel on n’a pas l’habitude d’évoluer. Je suis bien conscient de l’énorme boulot pour tracer et organiser une telle épreuve. Merci à Lars et toute son équipe du Montane Adventure Race. 

Et pour finir, un grand merci à mes coéquipiers et leurs formidables qualités humaines. Quel plaisir de partager une nouvelle aventure avec vous. Tout semble fluide et simple dans votre équipe (à part suivre votre rythme évidemment !). Ghislain, ça fait 12 ans (déjà) qu’on court ensemble, même si on a fait moins de courses ces dernières années. Une fiabilité à toute épreuve, tant sur le physique que sur la gestion de l’orientation. Titouan, ça fait des années qu’on le sait, ton niveau est impressionnant (et tu progresses à chaque raid) : aisance dans toutes les activités, orientation fiable, tractage à pied et en VTT, portage de sac … Difficile de te trouver des points faibles ! Ah si, un léger endormissement en kayak et une sensibilité aux attaques des bestioles locales. Finalement, tu es humain ! Juliette, que dire ? On connait aussi ton potentiel depuis des années, mais ta progression en 2026 est juste exceptionnelle. Tout ça en gardant ta simplicité et ce petit manque de confiance en toi qui nous fait sourire. J’admire aussi ta faculté à faire confiance sur le tractage VTT en descente ; la dernière section était incroyable pour moi en terme de sensations, mais je n’ose pas imaginer derrière sans visibilité … 

LA VIDÉO DE L’ORGA :

ALBUM PHOTOS :